Construction : comment bien tirer profit de la chaux ?

Lorsque des travaux de construction, de rénovation ou de transformation sont effectués sur un bâtiment, il est toujours proposé que les matériaux proposés par l’entreprise sont les bons ; en réalité, il faut faire confiance au constructeur ou au maçon,  le ciment, la colle et le stuc sont achetés selon la logique du bon sens.

En réalité, le problème ne réside pas seulement dans la qualité du produit, mais aussi dans le type de produit que vous utilisez. Le ciment, par exemple, utilisé par presque tous les constructeurs, est en fait un matériau qui présente plusieurs pièges, contrairement à la chaux, qui a au contraire de nombreux avantages, tant sur le plan esthétique que sanitaire.

Pourquoi le ciment n’est-il pas toujours adapté à la maçonnerie ?

Le ciment est composé d’un mélange de minéraux qui contiennent de l’oxyde d’aluminium, de l’oxyde de calcium, de l’oxyde de silicium, de l’oxyde de fer et de l’oxyde de magnésium. Ces éléments, en réaction avec l’eau, ont tendance à durcir rapidement (et ensuite de plus en plus avec le temps), créant une structure à faible perméabilité et respirabilité.

Ces deux caractéristiques font que le ciment ne convient pas à la construction dans des zones humides ou à la maçonnerie en contact avec le sol et soumise à des phénomènes de remontée.

Ainsi, d’une part il est proposé un matériau extrêmement dur, résistant dans le temps, mais d’autre part pour une contrainte d’une barrière d’eau, qui ne permet pas à la vapeur créée par l’humidité de respirer, favorisant la formation de moisissures et de spores. Dans ce cas, l’habitabilité de l’environnement n’atteint pas les normes optimales.

Au contraire, la chaux est un matériau perméable et respirant, qui laisse passer la vapeur, la dispersant dans l’environnement, créant ainsi un changement continu et évitant la stagnation de l’humidité. Il s’agit fondamentalement d’un désinfectant naturel, mais il nécessite quelques précautions importantes, tout d’abord l’attention dans le produit que vous achetez.

Pour un succès optimal du travail et pour assurer la meilleure performance, le produit ne doit pas être à base de chaux en mortiers avec contamination de substances de ciment ou de cendres, mais de la chaux pure.

Il convient également de faire une distinction importante entre la chaux commune (chaux hydratée, chaux vive, graisse de chaux) et la chaux hydraulique : la première a la capacité de durcir uniquement à l’air, tandis que la seconde a également la capacité de durcir à l’eau (et c’est pourquoi elle est, à tort, incluse dans la catégorie des ciments). L’utilisation d’un type plutôt que d’un autre dépend de nombreux facteurs : le type de travail de maçonnerie, les conditions climatiques, le territoire, la capillarité des murs, etc.

Ameublement à la chaux: la nouvelle limite du design

Au cours de ces dernières années, la tendance est largement répandue à revenir sur le passé, à réévaluer les matières premières, tant pour une question de récupération que pour une nouvelle vision esthétique. Les briques apparentes, que les grands-parents avaient stuquées par honte, sont de retour, le bois dans ses essences naturelles et les vieux canons du mobilier revisités dans des styles chic miteux, urbains et industriels.

Et le ciment, ou plutôt l’effet ciment, est un détail très apprécié dans la décoration intérieure. La chaux dans la norme joue un rôle important dans ce contexte, ce qui permet de réaliser des travaux d’un très grand impact esthétique tout en garantissant la salubrité de l’environnement.

La chaux est classifiée comme un désinfectant naturel, en raison de sa fonction anti-humidité et de l’absence de sels de sulfate, au contraire présents dans le ciment et responsables de la formation de l’efflorescence typique avec l’apparition d’une barbe blanche.

Grâce aux énormes recherches entamées dans le secteur, des différentes variétés de chaux, organiques, à fonction décorative sont présentées.

Effets décoratifs pour un style industriel ou rustique

Le retour à une maçonnerie “brute” est en fait une solution extrêmement polyvalente, qui permet des combinaisons avec des meubles modernes ou traditionnels.

La maison de campagne classique, meublée de meubles anciens, en noyer, se marie parfaitement avec des murs en chaux. De même que les éléments en fer, les compléments minimaux et modernes créent un contraste fort et particulièrement apprécié. C’est le style industriel, typique des lofts américains et, en fait, il reprend le style des anciennes usines, où l’élément du fer était prédominant, combiné avec le bois et la chaux.

Le terme “brut”est utilisé, mais cela ne signifie pas que le travail ne nécessite pas de compétences manuelles, bien au contraire ! Le plâtre ou même le simple rasage du mur doit toujours être fait avec art, puis on travaille sur la surface encore molle pour créer l’effet désiré avec une truelle ou une éponge.

Il n’y a pas de limite aux différentes possibilités de réalisation : une main experte peut produire des effets allant du classique plâtre apparent à des élaborations plus articulées comme celle des blocs de béton ou des coffrages en béton (une des premières techniques de construction de murs en béton, appelée coffrage, qui utilisait des planches d’environ 15 cm de large disposées côte à côte).

En plus de choisir l’effet, vous pouvez compléter le travail avec une finition à volonté, si vous voulez remplacer le gris classique. La chaux organique décorative permet de peindre l’enduit tout en conservant ses normes et propres propriétés.

Il ne faut pas combiner des composants de chaux pure avec différents éléments, tels que des mastics à base de ciment ou des peintures lavables classiques. En effet, la grande respirabilité de la chaux amène la vapeur à l’extérieur qui, si elle rencontre des matériaux non respirables, les pénètre et provoque des effets désagréables et inesthétiques, comme le gonflement typique du mur.