L’installation d’une piscine dans votre jardin, comme celles proposées par ce site, est un projet qui nécessite d’être bien organisé et de bien connaître les aspects techniques, réglementaires et financiers. Elle dépend notamment de la nature du sol, du type de bassin, des systèmes de traitement de l’eau et les équipements de chauffage. En effet, chaque décision influence le coût initial, ainsi que les dépenses d’exploitation futures. Avec une augmentation de des installations de piscines résidentielles en France, le marché propose aujourd’hui des solutions innovantes qui permettent de mieux gérer la consommation énergétique et de faciliter l’entretien.

Les études de terrain et la préparation du sol pour installer une piscine

L’étude du terrain et la préparation du sol permettent d’anticiper les contraintes techniques et d’adapter la conception du bassin aux particularités du site.

L’étude géotechnique et la nature du sol

L’étude géotechnique révèle la composition stratifiée du sous-sol et identifie les risques potentiels en termes de stabilité. Les sols argileux, présents dans presque la moitié des terrains français, ont un coefficient de gonflement différent selon l’humidité : cette caractéristique impose l’installation de drains périphériques et la mise en place d’un remblai en grave calibrée. Les sols sableux, avec leur coefficient de perméabilité élevé, nécessitent une compaction mécanique par couches successives pour atteindre une densité relative suffisamment élevée. Les terrains calcaires, bien que stables, peuvent quant à elle présenter des cavités karstiques détectables seulement par sondages destructifs.

La portance du terrain et la résistance à la pression hydrostatique

Lorsque vous décidez d’installer une piscine dans votre jardin, il ne suffit pas de choisir sa forme ou son revêtement. Le sol de votre jardin doit être capable de supporter le poids de la piscine, mais aussi de résister à la pression de l’eau. Une étude de sol permet donc d’analyser les caractéristiques du terrain et d’identifier d’éventuels risques cachés, tels que la présence de nappes phréatiques, des phénomènes de gonflement ou de retrait du sol, ou encore des poches de terre meuble. Lorsque le sol est peu résistant, il existe plusieurs solutions pour y remédier :

  • Le renforcement du sol en ajoutant une couche de gravier compactée ;

  • L’injection de coulis ou la pose de géotextiles pour améliorer la cohésion du terrain ;

  • L’utilisation de pieux ou de fondations profondes pour ancrer la piscine dans des couches de sol plus stables ;

  • L’adaptation de l’épaisseur de la dalle de béton qui servira de support à la piscine.

Par ailleurs, il ne faut pas sous-estimer la pression exercée par l’eau : une fois remplie, la piscine subit une pression constante sur ses parois et son fond, pression qui augmente avec la profondeur. Il faut donc prévoir une structure en béton armé pour les parois et le fond, conçue pour résister à cette force sur le long terme.

La nappe phréatique et le système de drainage périphérique

La présence d’une nappe phréatique affleurante impose la mise en œuvre d’un système de rabattement temporaire par pompage pendant la phase de construction, puis la création d’un drainage définitif. Celui‑ci se compose généralement d’un lit de gravier roulé, d’un drain annulaire en PVC perforé, et enveloppé dans un géotextile pour éviter le colmatage. Ce drain est relié à un puits de décompression, positionné en aval du bassin, afin de contrôler en permanence le niveau de la nappe. Dans les zones où la nappe phréatique remonte en période de crue, il est parfois plus rationnel d’opter pour un rehaussement de l’assise du bassin plutôt que de lutter en permanence contre la pression ascendante. Vous pouvez, dans ce cas, créer un radier surélevé, combiné à un aménagement paysager en demi‑hors‑sol.

Le terrassement et l’excavation : le blindage et la stabilisation des parois

Le terrassement d’une piscine est encadré par des règles de sécurité. Pour un bassin enterré standard, la fouille dépasse généralement de 50 cm l’emprise intérieure afin de laisser la place aux parois, au drain périphérique et au remblai. Dès que la profondeur excède 1,30 m ou que le sol est meuble, les parois doivent être sécurisées par un talutage adapté ou par un blindage mécanique. Dans les sols argileux, un talus à 45° peut suffire, alors que les terrains sableux exigent souvent un blindage par panneaux métalliques ou par palplanches pour éviter les éboulements. On procède alors par phases : creusement partiel, mise en place du blindage, puis approfondissement progressif. Une fois l’excavation terminée, le fond est nivelé au laser, compacté, puis recouvert d’un hérisson de graviers ou d’une couche de propreté en béton maigre.

Les différents types de piscines et techniques de construction

Une fois le terrain préparé, encore faut-il choisir son type de piscine. Cette décision influe sur votre budget, la durée du chantier, la facilité d’entretien et la longévité du bassin. Faut‑il privilégier une piscine en béton, une coque polyester, un système modulaire ou un bassin naturel ?

Le béton coulé et le béton projeté

En béton coulé, la structure est réalisée à l’aide de coffrages (traditionnels ou panneaux à coffrage perdu) dans lesquels une armature métallique est placée pour couler le béton. Cette option garantit une excellente résistance et une grande liberté de forme, avec un coût au m² généralement inférieur au béton projeté. Le béton projeté, quant à lui, existe sous deux formes principales : la gunite (procédé à voie sèche) et le shotcrete (procédé à voie humide). Dans les deux cas, le béton est projeté à haute pression sur une armature pour former en une seule opération le radier et les parois. La gunite, plus légère et légèrement plus poreuse, est souvent utilisée pour des bassins complexes ou à formes libres. Le shotcrete, avec une granulométrie et une teneur en eau mieux contrôlées, permet d’obtenir une structure très dense, idéale pour des piscines collectives ou à haute contrainte.

Les bassins en coque polyester

La piscine en coque polyester séduit par sa rapidité de pose et un coût souvent plus bas qu’un ouvrage maçonné. Fabriquée en usine à partir de moules standardisés, la coque est constituée de plusieurs couches : un gelcoat extérieur assurant la finition et l’étanchéité superficielle, ainsi que des couches de résine polyester armée de fibres de verre. Cette structure monobloc limite les risques de fuites, à condition d’être posée sur un support parfaitement stable et d’être entourée d’un remblai drainant adapté. La coque polyester est idéale si vous souhaitez une piscine rectangulaire ou à forme simple, avec escalier intégré. Attention toutefois, sur un terrain argileux ou hétérogène, des mouvements différentiels peuvent induire des déformations de la coque.

Les piscines à panneaux modulaires

Les piscines à panneaux modulaires sont un compromis intéressant entre la coque et le béton. La structure porteuse est composée de panneaux préfabriqués en acier galvanisé, en aluminium ou en polypropylène haute densité, fixés sur une dalle de béton armé et contreventés par des jambes de force. Une fois la structure en place, l’intérieur est habillé d’un liner ou d’une membrane armée PVC qui assure l’étanchéité. Ce système est rapide à monter, souvent accessible à des bricoleurs expérimentés, et peut évoluer en termes de formes et de dimensions. Les panneaux en acier galvanisé disposent d’une excellente rigidité et d’une bonne durée de vie, à condition que le traitement anticorrosion soit de qualité et que la piscine ne soit pas implantée sur un sol très agressif (présence de sulfates, remontées salines, etc.). L’aluminium, plus coûteux, résiste naturellement à la corrosion. Les panneaux en polypropylène ou en résine, quant à eux, ne rouillent pas et bénéficient d’une bonne inertie chimique.

Les systèmes de filtration et le traitement de l’eau

La filtration et le traitement désinfectant sont indissociables : la première retient les impuretés, le second neutralise bactéries, virus et algues. Bien choisir ces équipements permet de réduire les consommations de produits chimiques et de limiter les opérations de maintenance.

La filtration à sable, à cartouche et à diatomées

Les filtres à sable retiennent les particules en faisant circuler l’eau à travers un lit de sable ou de média filtrant (verre, zéolithe). Les filtres à cartouche, pour leur part, sont dotés d’une finesse de filtration souvent meilleure et nécessitent une pression de service plus faible. Ils conviennent parfaitement aux petits bassins ou aux piscines hors‑sol. Les cartouches doivent toutefois être nettoyées à la main, à l’eau claire et être remplacées tous les un à trois ans selon la fréquence d’utilisation. En ce qui concerne les filtres à diatomées, ils sont certainement la solution la plus performante, avec une plus grande finesse de filtration. Ils utilisent de la poudre de diatomées (micro‑algues fossilisées) comme média filtrant, déposée sur des grilles internes. L’eau obtenue est cristalline, mais l’investissement initial est plus et l’entretien légèrement plus complexe. Pour un particulier, ce type de filtre sera surtout pertinent pour une piscine haut de gamme ou lorsqu’une qualité d’eau quasi « potable » est recherchée.

Les pompes de circulation : débit, hauteur manométrique totale et puissance

La pompe de filtration est le moteur qui fait circuler l’eau du bassin vers le filtre puis la renvoie vers les refoulements. Sa taille dépend du débit nécessaire et de la hauteur manométrique totale (HMT), qui inclut les pertes de charge dans les canalisations, les coudes, les vannes et les équipements (échangeur, filtre, etc.). Contrairement aux idées reçues, surdimensionner la puissance ne garantit pas une meilleure qualité d’eau, mais augmente la consommation et le bruit. Les pompes à vitesse variable, aujourd’hui de plus en plus répandues, permettent d’adapter la vitesse de rotation au besoin réel : haute vitesse pour le lavage du filtre, vitesse réduite pour la filtration quotidienne.

L’électrolyse au sel et le traitement au chlore et au brome

Pour la désinfection, le traitement classique au chlore (galets, sticks ou chlore liquide) est à la fois efficace et économique, mais nécessite une surveillance régulière du taux de désinfectant et du pH. Le brome, plus stable à haute température et moins sensible au pH, est intéressant pour les spas ou les piscines couvertes, mais son coût est supérieur et il nécessite un brominateur. L’électrolyse au sel consiste à dissoudre une faible quantité de sel dans l’eau. Celle‑ci circule ensuite à travers une cellule d’électrolyse qui convertit les ions chlorure en chlore actif : vous n’ajoutez plus de galets, mais vous devez veiller à la propreté des électrodes et au bon réglage de la production.

Les raccordements techniques et la mise en service

Après les travaux de gros œuvre et l’installation des équipements, la phase de raccordement et de mise en service finalise l’ensemble du système.

Les circuits hydrauliques

Le circuit hydraulique d’une piscine se compose de plusieurs éléments d’aspiration (skimmers, bonde de fond, prise balai) et de refoulements, reliés à la pompe et au filtre par un réseau de canalisations enterrées. Le dimensionnement des tuyaux et leur tracé doivent limiter les pertes de charge et éviter les points hauts susceptibles de piéger de l’air. On veille également à placer les skimmers face aux vents dominants pour que les impuretés de surface soient naturellement conduites vers la filtration. La bonde de fond, située au point le plus bas du bassin, facilite la vidange partielle, le brassage de l’eau et l’aspiration des dépôts. Les prises balai et buses de refoulement sont implantées de manière à créer une circulation d’eau homogène, sans zones mortes. Les pièces à sceller comprennent des grilles et des bords arrondis pour limiter les risques de coincement ou de coupure. Lors de la mise en eau, un test de pression sur le réseau permet de détecter d’éventuelles fuites avant remblai définitif.

L’installation électrique

L’installation électrique d’une piscine est soumise à la norme NF C 15‑100, qui définit des volumes de sécurité autour du plan d’eau et des distances minimales à respecter pour les appareils électriques. Tous les équipements (pompe, projecteurs, régulation, PAC) doivent être alimentés via un coffret dédié, protégé par un disjoncteur différentiel et des protections magnéto‑thermiques adaptées. Les projecteurs immergés fonctionnent en très basse tension (12 V), via un transformateur de séparation installé hors des volumes de sécurité. La liaison équipotentielle supplémentaire, quant à elle, consiste à relier toutes les masses métalliques accessibles (échelle, pièces à sceller en inox, armatures, structures métalliques proches) à un conducteur de protection commun, afin de supprimer les différences de potentiel et de réduire le risque d’électrocution. Dans le cas d’une piscine en béton, cette liaison est réalisée au moment du ferraillage, avant coulage.

Les tests d’étanchéité et l’équilibrage hydrochimique initial de l’eau

Avant de finaliser les plages et aménagements périphériques de votre piscine, un test d’étanchéité du bassin et des réseaux est indispensable. Sur une piscine en béton revêtue d’une membrane armée ou d’un carrelage, il faut effectuer un remplissage progressif en observant l’évolution du niveau d’eau et l’apparition éventuelle d’infiltrations. Sur un bassin à liner, la mise en eau s’accompagne d’une surveillance des plis et de la tenue des soudures. Tout défaut constaté à ce stade doit être corrigé immédiatement, car il sera beaucoup plus complexe d’intervenir après finition des abords. Une fois l’étanchéité validée, il faut procéder à l’équilibrage hydrochimique initial. Après avoir rempli la piscine, on mesure le pH, l’alcalinité (TAC) et la dureté calcique (TH), puis on corrige ces paramètres pour les amener dans les plages recommandées. Ce réglage de base facilite la stabilisation du traitement désinfectant et limite les risques de corrosion ou d’entartrage. Le premier choc de désinfection est ensuite réalisé (chloration choc ou autre procédé) pour partir sur une eau parfaitement saine.

N’oubliez pas les ouvrages complémentaires tels que la dalle de terrasse autour de la piscine. Selon le revêtement choisi, vous devrez parfois faire une chape afin de garantir la planéité et la bonne tenue des carrelages ou dalles. Une fois ces dernières étapes achevées, votre piscine sera prête à être utilisée dans les meilleures conditions de confort, de sécurité et de durabilité.

Le chauffage et la couverture pour l’optimisation thermique du bassin

Prolonger la saison de baignade de quelques semaines au printemps et à l’automne change l’usage de votre piscine.

Les pompes à chaleur air-eau et le coefficient de performance (COP) saisonnier

La pompe à chaleur (PAC) air‑eau pour piscine fonctionne selon le même principe qu’une PAC domestique : elle capte les calories dans l’air extérieur pour les transférer à l’eau du bassin via un échangeur. Son efficacité se mesure par le coefficient de performance (COP), qui exprime le rapport entre l’énergie restituée à l’eau et l’énergie électrique consommée. Un COP de 5 signifie que 1 kWh électrique permet de restituer 5 kWh de chaleur à l’eau. En pratique, le COP varie en fonction de la température de l’air, de la température d’eau souhaitée et de l’hygrométrie. C’est pourquoi on parle de COP saisonnier, bien plus représentatif. La PAC doit être choisie en tenant compte du volume du bassin, de la zone climatique et du type de couverture utilisé.

Le chauffage solaire par capteurs thermiques et échangeurs à plaques

Le chauffage solaire exploite l’énergie du soleil pour augmenter la température de l’eau, via des capteurs thermiques (tapis en EPDM, panneaux rigides) installés en toiture ou sur un support incliné. L’eau de la piscine circule dans ces capteurs et se réchauffe avant de retourner au bassin. Cette solution est intéressante dans les régions ensoleillées, où elle peut couvrir une part importante des besoins de chauffage entre avril et septembre. Lorsque la surface disponible est limitée, il est possible de recourir à un échangeur à plaques, couplé à une installation solaire thermique, ou à une chaudière existante (gaz, fioul, biomasse). L’échangeur transfère la chaleur du circuit primaire (maison) vers le circuit secondaire (piscine) sans mélange d’eau. Cette configuration nécessite une étude hydraulique plus poussée, mais elle permet de mutualiser les sources de chaleur et de réduire les investissements.

Les couvertures à bulles, les volets roulants immergés et les abris télescopiques

La couverture de piscine limite les pertes thermiques, réduit l’évaporation et améliore la sécurité lorsque le dispositif est normalisé. Les couvertures à bulles, peu coûteuses, se posent à la surface de l’eau et permettent de gagner quelques degrés grâce à l’effet de serre. Les volets roulants, en version hors‑sol ou immergée, sont un bon compromis entre isolation et praticité. Les lames, parfois remplies de mousse isolante, limitent les pertes de chaleur et protègent le bassin des salissures. Un volet conforme à la norme de sécurité peut supporter le poids d’un enfant sans céder, dès lors qu’il est correctement verrouillé. Les abris télescopiques, pour leur part, créent un volume couvert qui réduit les pertes thermiques et protège la piscine des intempéries. Ils permettent d’étendre la saison de baignade sur une grande partie de l’année. Si vous envisagez d’adosser un abri ou de créer un véritable espace de vie couvert à proximité du bassin, l’installation d’une pergola attenante peut être une belle transition entre la maison et la piscine.